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10 rendez-vous danse à ne pas manquer en juin – L’Éclaireur Fnac

C’est sans doute un prologue ; avant que nos corps s’animent et se libèrent sur les plages, hors des villes. Voir d’autres corps exulter sur scène, dans l’art de la danse, lors de grands shows ou en solo. « Dansons, sinon nous sommes foutus », disait la chorégraphe Pina Bausch. Alors on va danser, puisque les trois grands festivals de ce mois de juin réservent aussi des lieux et des moments aux non professionnels. Et on va aussi admirer des danseurs et des compagnies de styles différents, classique ou contemporain, latino ou africain… qu’importent le décor, la musique ou la technique, voir des corps se mouvoir est toujours un enchantement.

1. François Alu, complètement jetés!

Qui : dans la catégorie « danseur star », on ne parlait, il y a cinq ans, que de Benjamin Millepied. Désormais on a d’yeux que pour lui, François Alu. Engagé à l’âge de dix-sept ans dans le corps de ballet de l’Opéra de Paris, il a eu droit au commentaire « doit s’affiner » pendant des années tant il ne correspondait pas aux normes physiques en vigueur. Mais ses cuissots d’acier (utiles pour les sauts) l’ont mené loin : en avril dernier il a été nommé « étoile » devant la foule en délire (vingt minutes de standing ovation).

Quoi : un spectacle d’une heure vingt qu’il a co-mis en scène avec Samuel Murez, hors les murs de l’Opéra, et au cours duquel il danse quinze solos – classique, contemporain ou hip-hop – et joue douze personnages, du prof de danse maniéré au directeur de salle jargonneux.

Pourquoi on aime : parce qu’il allie la grâce du danseur classique et la puissance du gymnaste. Et que jouer (plutôt bien) la comédie en effectuant une telle prouesse technique, il faut le faire !

Où et quand : les 10 et 12 juin à Bordeaux, le 19 juin à Marseille, et les 25 et 26 juin à Paris.

2. Festival Montpellier Danse

Qui : En 1981, année où les Centres Chorégraphiques Nationaux (19 en tout) ont été créés par Jack Lang, le chorégraphe Dominique Bagouet a hérité de celui de Montpellier, et en a profité pour créer Montpellier Danse. Vingt ans après sa mort, ce festival, dirigé aujourd’hui par Jean-Paul Montanari, est devenu le plus important d’Europe et attire les compagnies du monde entier.

Quoi : cette saison plus d’une vingtaine de créations chorégraphiques sur le thème de l’itinérance, de l’exil et de l’accueil. Aux côtés de valeurs sûres comme cette bonne vieille Batsheva, Emmanuel Gat ou l’indéboulonnable Anne Teresa de Keersmaeker, certains petits nouveaux, tel Jefta Van Dinther &Cullberg sont particulièrement attendus.

Pourquoi on aime : c’est the big one, LE festival confortable et ensoleillé. Apprécié du public pour la qualité de sa programmation et pour sa splendide salle Agora en plein air. Attention, regardez bien les extraits vidéos des différents spectacles sur le site avant de prendre vos places ! Car entre deux merveilles peut se glisser un « pointu » ardu.

Quand : du 17 juin au 3 juillet.

3. Kader Attou + Cie Accrorap : Les Autres

Qui : formé à l’école du cirque, Kader Attou dirige aujourd’hui le Centre Chorégraphique National de la Rochelle. Comme son acolyte Mourad Merzouki, il a apporté ses lettres de noblesses au hip-hop et hissé cette danse urbaine sur les grandes scènes nationales.

Quoi : hip-hop et contemporain : dans ce spectacle, on ne sait plus trop distinguer les particularités de l’un et de l’autre tant Kader réussit à marier les deux avec fluidité.

Pourquoi on aime : 10 € (en abonnement jeune) pour une heure de spectacle. Et quel spectacle ! Sur scène, aux côtés de danseurs virtuoses, les musiciens jouent d’instruments rares : le séraphin, le cristal, le thérémine. Le tout crée une atmosphère étrange, très cinématographique, une rêverie éveillée.

Où et quand : du 9 au 11 juin à la Grande Halle de La Villette, à Paris.

4. Atelier spectacle salsa-hip-hop avec Rodrigue Lino

Qui : un grand gaillard au look ultra coloré qui a égayé nos confinements avec ses vidéos rigolotes où il jouait « un daron intermittent ». Danseur, chorégraphe, comédien, rappeur, speakeur et réalisateur, « Lino le maestro » assume d’en faire un peu trop.

Quoi : Là, il s’agit surtout de participer. Seul ou en duo, on voyage pendant une heure sur des rythme de salsa et de hip-hop. Un mix dans lequel Lino est passé pro. Mais si on veut seulement regarder, on s’assoit au bord du plateau extérieur et on savoure : le spectacle est gratuit.

Pourquoi on aime : parce que Lino met une ambiance d’enfer. Et que le CentQuatre est l’un de nos endroits préférés à Paris. Il s’y passe toujours quelque chose (de créatif) à n’importe quelle heure de la journée.

Où et quand : tous les dimanches de juin à 12h.

5. Pina Bausch/Tanztheater Wuppertal : Barbe-Bleue

Qui : Le groupe Indochine lui a dédié une chanson, Wuppertal, Pedro Almodovar l’a invitée à danser dans l’un de ses films… c’est dire si Pina Bausch est une icône de la danse contemporaine. Disparue à l’âge de 68 ans, elle a laissé une empreinte indélébile dans sa compagnie Tanztheater Wuppertal.

Quoi : dans l’immense salle d’un château médiéval, un sol recouvert de feuilles mortes crisse sous les pas d’une femme à longue robe et longs cheveux (comme toutes les héroïnes de Pina Bausch) qui se débat entre les mains d’un Barbe-Bleue tyrannique. Impressionnant.

Pourquoi on aime : une vie sans voir un spectacle de Pina Bausch (et d’Ariane Mnouchkine en ce qui concerne le théâtre) n’est pas complète.

Où et quand : du 18 juin au 2 juillet au Théâtre du Châtelet, à Paris.

©Christian Clarke

6. Festival Camping au CND de Pantin

Qui : créé par Mathilde Monnier en 2015, juste après sa nomination à la direction du Centre National Chorégraphique de Pantin, le festival Camping a été imaginé cette année avec la complicité de Giselle Vienne, dont l’excellente rave party Crowd nous reste encore en mémoire.

Quoi : il ne s’agit pas de planter sa tente à Pantin, mais d’adhérer au concept de campement artistique. Au programme : cours, workshop et représentations dont l’excellent solo En son lieu de Christian Rizzo avec Nicolas Fayol et le troublant Macho dancer de la danseuse chorégraphe Eisa Jocson (le 15 et 17 juin au CND de Pantin).

Pourquoi on aime : Camping n’est pas seulement une vitrine pour les chorégraphes, elle permet de connaître différentes écoles de danse. Cette année on dénombre 34 ateliers dont certains avec la performeuse Phia Ménard et le danseur de butô Kim Itoh.

Où et quand : du 13 au 24 juin au CND de Pantin, et à Lyon.

©Giannina Ottiker

7. Kor’sia : Gisèle

Qui : exit les chorégraphes stars à la Béjart ! Les collectifs d’artistes telle (La) Horde sont désormais la tendance dans l’univers de la danse contemporaine. Le collectif espagnol Kor’sia est constitué de deux chorégraphes et deux directeurs artistiques. Quatre cerveaux créatifs pour une œuvre d’autant plus foisonnante.

Quoi : l’occasion d’admirer onze danseurs et danseuses la plupart du temps en sous-vêtements (quasi une tradition dans la danse contemporaine). Mais ce n’est pas le seul attrait de ce spectacle fougueux qui se présente comme la réinterprétation d’une œuvre classique romantique par une jeunesse ultra connectée.

Pourquoi on aime : Giselle, star de la jeune génération ? On y croit avec ce spectacle turbulent où les danseurs virevoltent, s’étreignent, sautillent, pleurent sur la musique d’Adophe Adam (XIXe siècle) et celle du duo Permanent Destruction (très très de notre siècle)

Où et quand : du 1 au 4 juin au Théâtre de Chaillot, à Paris.

©Marea Alperi

8. Pietragalla : La Femme qui danse

Qui : la danseuse la plus célèbre de France. Pietra, comme l’appellent ses aficionados, c’est un talent mais aussi un caractère : on adhère ou pas. Certains peuvent s’agacer de ses envolées poético-lyriques, mais personne ne lui reprochera jamais de danser moyennement.

Quoi : un solo très enlevé sous des lumières bleutées au cours duquel la danseuse fait rimer danse avec confidences. Car oui, dans ce spectacle, Pietra nous raconte sa vie d’artiste et de femme. Avec elle, le corps est autant politique que poétique.

Pourquoi on aime : elle fut danseuse étoile à l’Opéra de Paris pendant huit ans jusqu’en 1998. Mais ne s’est jamais reposée sur ses lauriers depuis, intégrant vidéos, arts du cirque et musique actuelles dans ses spectacles qui ne bénéficient d’aucune subvention. Et tiennent la plupart du temps plusieurs semaines à l’affiche. Un exploit dans le monde de la danse.

Où et quand : le 7 juin à Montereau Fault Yonne, le 10 juin à Fontainebleau, le 18 juin à Nantes, le 23 juillet à Vaison La Romaine, et au Théâtre de la Madeleine à Paris à partir de mi-octobre.

9. D’pendanse : Entre Nous

Qui : des filles qui portent des robes à paillettes et des garçons des chemises noires déboutonnées jusqu’au nombril. Huit danseurs connus du grand public depuis qu’ils ont participé à l’émission ‘Danse avec les stars’ et dont les lumineux chefs de file sont Maxime Dereymez et Denitsa Ikonomova.

Quoi : Une suite de saynètes dansées sur des rythmes de samba, foxtrot, rumba, tango ou valse, pour ne citer que les plus connues des danses de salon. Avec un fil conducteur tout de même : le temps d’une soirée, des amis se réunissent pour évoquer leurs souvenirs. Et ce ne sont pas des rôles de composition puisque que les huit artistes sont aussi amis dans la vie.

Pourquoi on aime : avec ce nom de troupe, D’pendanse, on sait à qui s’adresse ce spectacle : à tous ceux qui adorent ‘Danse avec les stars’, les concours de danses de salon et les décors kitsch. Mais cela n’empêche pas le talent et la technique. Et puis la danse de salon est un monde à part, hors du temps, qui mérite qu’on s’y attarde.

Où et quand : le 2 juin à La Grande Motte, le 11 juin à Rennes.

©Alexandre Eustache

10. Les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis

Qui : créées à Bagnolet en 1995, ces rencontres se sont étendues dans toutes les communes de la Seine-Saint-Denis en 2002 avec l’arrivée d’Anita Mathieu (remplacée depuis). La singularité de cet évènement : beaucoup d’inconnus à l’affiche mais de nombreux diffuseurs s’y pressent pour découvrir de nouveaux talents.

Quoi : on ne sait plus où donner de la tête tant les tentations sont nombreuses dans cette édition 2022. On retient Ruuptuur, le rituel nocturne et underground de Mercedes Dassy (à Montreuil le 1 et 2 juin), le G r oo v e de Soa Tatsifandrihana (le 13 et 14 juin à Pantin) et les Poufs en sentiments, drôles de créatures campées par Yvan Clédat et Coco Petitpierre (le 3 et 4 juin à Bagnolet).

Pourquoi on aime : une fois n’est pas coutume, les spectacles descendent de leur piédestal pour s’installer dans les parcs, les petites salles, les collèges et les lycées. Et rares sont les festivals qui programment des compagnies venues du Zimbabwe, du Kenya ou de l’Ukraine, comme c’est le cas cette saison.

Où et quand : jusqu’au 18 juin dans 17 lieux de la Seine-Saint-Denis.

©TDR

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