Xinjiang: 156 morts dans la pire flambée de violence depuis des décennies

Posted by on juil 6th, 2009 and filed under Asie. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

xinjiangPékin a annoncé lundi qu’au moins 156 personnes avaient été tuées et plus de 800 autres blessées dimanche dans des émeutes ethniques à Urumqi, capitale régionale du Xinjiang majoritairement peuplé de musulmans, les plus meurtrières en Chine depuis des décennies.

Au lendemain de ces violences gravissimes orchestrées, selon Pékin, par la dissidence ouïghoure en exil, les autorités ont renforcé la sécurité dans la région autonome, située dans l’extrême nord-ouest chinois, aux confins de l’Asie centrale. Des centaines de personnes ont été arrêtées.

Urumqi s’est embrasée dimanche soir quand des milliers d’émeutiers sont descendus dans les rues et ont attaqué des Hans, ethnie majoritaire en Chine, selon les témoignages d’habitants.

La télévision chinoise a montré lundi des blessés couverts de sang, des carcasses de véhicules incendiés et des foules jetant des pierres sur les forces de l’ordre ou retournant des voitures de police.

Mais des groupes exilés ouïghours ont affirmé que les forces de l’ordre avaient tiré sur des manifestants pacifiques.

Ces violences ont fait 140 morts et 828 blessés, selon un bilan officiel qui pourrait s’alourdir encore et ne précise pas l’ethnie des victimes.

Le Xinjiang, peuplé notamment de 8,3 millions de Ouïghours, des musulmans turcophones, est régulièrement la proie de troubles séparatistes.

Des habitants dénoncent aussi la répression politique et religieuse menée selon eux par la Chine, sous couvert de lutte antiterrorisme, et s’insurgent contre la sinisation de leur terre.

« Le Xinjiang prendra les mesures les plus fortes pour empêcher la situation de s’étendre à d’autres régions et pour préserver la stabilité », a dit lundi Nur Bekri, le président de région, dans un discours musclé.

« Les forces de sécurité et la police armée doivent renforcer leur contrôle sur Urumqi et la poursuite des éléments criminels, et traiter fermement et résolument les nouveaux actes de destruction », a-t-il ajouté.

Cette vaste région aride constitue l’une des deux zones, avec le Tibet, où Pékin redoute particulièrement l’instabilité.

La flambée de violence d’Urumqi évoque d’ailleurs les émeutes de Lhassa, la capitale régionale du Tibet, où, le 14 mars 2008, des émeutiers tibétains avaient attaqué des Hans et leurs commerces, tuant, selon les autorités chinoises, 18 civils et un policier.

Mais au contraire de Lhassa, le calme est vite revenu à Urumqi, où la présence des forces de l’ordre était massive lundi, selon l’un des journalistes de l’AFP sur place.

Urumqi, commerces fermés, était une ville morte, où le couvre-feu devait être imposé en soirée.

Près du grand marché, des forces de l’ordre casquées, munies de boucliers et de matraques, stationnaient à chaque coin de rue, a constaté l’AFP.

Des véhicules patrouillaient les rues bordées de bon nombre d’échoppes closes. « Les boutiquiers ont peur », a expliqué une propriétaire de bar han.

L’internet a été interrompu et les communications mobiles également, ont indiqué des résidents.

Le renforcement de la sécurité avait gagné jusqu’à l’extrême ouest de la région. Joint par téléphone, un commerçant de Kashgar a signalé une présence policière inédite.

A Urumqi, des centaines de personnes ont été arrêtées, dont « plus de dix personnalités-clef qui ont attisé les troubles », a indiqué la Sécurité publique.

Le gouvernement régional a accusé le Congrès mondial ouïghour, dirigé par la dissidente en exil Rebiya Kadeer, d’avoir excité ses sympathisants à la violence par des appels sur l’internet.

Interrogé sur ses troubles, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a estimé que « tous les différends, qu’ils soient à l’intérieur (d’un pays) ou au niveau international, doivent se résoudre pacifiquement par le dialogue ».

La Grande-Bretagne s’est dite « préoccupée » et a appelé « chaque camp à la retenue » pour que « les problèmes soient réglés par le dialogue ».

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