Elles avaient l’autorisation de tirer immédiatement en cas d’émeutes. Mercredi, quand les forces armées thaïlandaise sont entrées dans la zone « zone rouge » – là où les « chemises » de la même couleur se regroupaient et fomentaient leur plan de rébellion contre le gouvernement – l’objectif était simple : mettre fin à l’insurrection. Il ne s’agissait donc pas de mesures de maintien de l’ordre. Non, cette fois-ci, l’armée thaïlandaise opérait militairement pour mettre fin à la rebellion et ramener l’ordre dans le pays. La Thaïlande était en guerre avec elle-même.
Mercredi matin, donc, des centaines de soldats et des blindés ont attaqué le camp retranché des « chemises rouges ». Scènes de guerre à Bagnkok où les bruits des tirs et des cris se mélangeaient dans la fumée noire des incendies. Cinq personnes ont été tuées, dont un journaliste italien. Un autre reporter, d’origine néerlandaise, a été blessé.
Incendies
L’opération n’a pas été longue. Peu après 13h00, heure locale (7h00 en France), les leaders des « chemises rouges » ont annoncé qu’ils allaient se rendre aux autorités et se disperser. « Nous arrêtons nos manifestations maintenant », a déclaré Nattawut Saikuar, l’un des principaux chefs des protestataires, en s’adressant aux plusieurs milliers de « rouges ». Nattawut et au moins trois autres cadres rouges se sont alors dirigés au Bureau de la Police nationale où ils se sont constitués prisonniers. Pas sûr que son message ait été clairement entendu ; peu après cette annonce, plusieurs manifestants ont incendié mercredi le siège d’un gouvernement dans une province du nord-est.
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