Nucléaire iranien : Téhéran maintient une attitude de défi malgré les pressions

Posted by on nov 17th, 2009 and filed under La une, Moyen-Orient. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

iran iranien : maintient une attitude de défi malgré les pressions

TEHERAN — L’Iran maintient une attitude de défi sur son programme nucléaire controversé, se disant déterminé à poursuivre ses activités d’enrichissement d’uranium, malgré un rapport critique de l’AIEA et l’accumulation des pressions de Washington, mais aussi Pékin et Moscou.

« L’Iran va continuer à exercer son droit à l’usage pacifique de l’énergie nucléaire, y compris l’enrichissement » d’uranium, a déclaré Ali Asghar Soltanieh, cité par l’agence Fars, répétant ce qu’ont affirmé ces dernières semaines les responsables iraniens.

La question de l’enrichissement est au centre du bras de fer entre l’Iran et les puissances du groupe des Six (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne) qui redoutent que Téhéran ne l’utilise à des fins militaires même s’il le nie.

L’uranium enrichi sert à produire du combustible pour des réacteurs civils mais entre également à un niveau élevé d’enrichissement dans la fabrication d’une bombe nucléaire. Selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran a produit jusque-là 1.763 kilos d’uranium faiblement enrichi.

En guise de compromis et afin d’apaiser les inquiétudes internationales, l’AIEA a proposé le 21 octobre le transfert par l’Iran d’une grande partie de son uranium faiblement enrichi (3,5%) en Russie pour y être enrichi davantage avant de le transformer en France en combustible pour son réacteur de recherche à Téhéran. Une solution intermédiaire évoquée est que l’Iran envoie son uranium enrichi pour stockage en Turquie.

Mais Téhéran n’a toujours pas donné une réponse claire à l’offre de l’AIEA en réclamant plus de négociations, le débat semblant se focaliser sur le volume d’uranium que l’Iran transférerait et les garanties qu’il sera rendu à Téhéran.

Des responsables et médias iraniens ont évoqué l’idée que l’échange se fasse en deux étapes et avec une quantité moins importante d’uranium iranien enrichi à 3,5% qui serait transférée à l’étranger. Certains parlent de l’envoi de 400 ou 800 kilos, en deux étapes, pour obtenir environ 120 kilos de combustible enrichi à 20%.

« S’il y a un accord dans ce domaine, nous prendrons d’abord le combustible à 20% et enverrons ensuite l’uranium enrichi à 3,5% », a déclaré Parviz Davoudi, ancien premier vice-président et conseiller suprême du président Mahmoud Ahmadinejad, cité par la presse. Une telle solution est rejetée par des grandes puissances agacées par l’absence de réponse formelle iranienne à l’offre de l’AIEA. Les menaces de nouvelles sanctions contre Téhéran sont de nouveau d’actualité.

Mardi encore, le président américain Barack Obama, en visite à Pékin, et son homologue chinois Hu Jintao, ont appelé l’Iran à « répondre positivement à la proposition » de l’AIEA, estimant que Téhéran devrait assumer « les conséquences » d’un blocage.

« Nous sommes tombés d’accord sur le fait que la République islamique d’Iran doit fournir des assurances à la communauté internationale selon lesquelles son programme nucléaire est pacifique et transparent », a dit M. Obama. « Sur cette question, nos deux pays et le reste du groupe sont unis ». Dimanche, le président russe Dmitri Medvedev a déclaré que la Russie était prête « à aller plus loin » pour s’assurer du programme nucléaire pacifique iranien, en faisant référence à de nouvelles sanctions.

La Chine et la Russie sont pourtant traditionnellement réticentes à des sanctions contre l’Iran.

Ajoutant à la pression, l’AIEA a demandé dans un rapport lundi « plus de clarifications » sur l’objectif du second site d’enricihissement situé près de Qom et que l’Iran avait omis de déclarer. Cela « soulève la question de l’existence d’autres installations nucléaires qui n’auraient pas encore été révélées », écrit le rapport.

Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés.

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