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Les Canadiens devraient-ils faire confiance à la technologie chinoise? – Le Soleil – Groupe Capitales Médias

Ce problème technique a mis en évidence à quel point Google est devenu omniprésent dans nos vies. Cette entreprise est parvenue à amasser une quantité magistrale de données sur ses usagers et leurs proches. Elle revend les informations ainsi recueillies à divers clients travaillant dans le monde de la publicité, de la recherche, de la fabrication ou appartenant à divers organismes publics et privés.

Compte tenu de l’ampleur de la panne émanant des serveurs de Google, il nous apparaît logique de nous interroger sur les dangers que nous aurions encourus si les géants du numérique chinois connus sous l’acronyme BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) avaient occupé la place détenue présentement par les entreprises du GAFAM (Apple, Google, Facebook, Amazon, Microsoft). Aurions-nous connu cette panne mondiale? Les conséquences de celle-ci auraient-elles été davantage néfastes?

Juste pour illustrer l’importance des entreprises chinoises, rappelons l’utilisation sensible de la technologie numérique par les dirigeants chinois pour contrôler les Ouïgours, les Hongkongais ou les Tibétains. Soulignons également le désir d’expansion des dirigeants chinois qui n’hésitent pas à faire des pressions indues sur les gouvernements étrangers. À cet effet, citons l’emprisonnement des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor.

Lors de la panne planétaire du 14 décembre 2020, si la prédominance exercée par Google dans le monde numérique l’avait été par Baidu, cette dernière aurait-elle agi de la même façon que Google ou en aurait-elle profité pour en tirer divers avantages additionnels? Compte tenu des visées hégémoniques de la Chine, il nous apparaît évident que les représentants du Parti communiste chinois auraient trouvé une astuce pour exploiter cette panne afin de promouvoir leur idéologie expansionniste. 

Toutefois, étant donné les faibles enjeux alors en cause (courriels, conversations, GPS ou autres), nous estimons que les dégâts auraient été sans impact majeur, même en situation de négociations ardues avec la Chine.

Mais en sera-t-il autrement lorsque toutes les pièces du puzzle associant le développement de l’intelligence artificielle, de l’Internet des objets, de la reconnaissance faciale, de la technologie 5G, etc., seront rassemblées et interagiront ensemble? 

Dans ce futur, les géants du numérique et autres entreprises similaires auront accès à la quasi-totalité des données générées par les entreprises et les individus. Nos activités, nos habitudes, nos déplacements seront enregistrés en temps réel alors que probablement plusieurs d’entre nous vivront dans des villes dites semi-intelligentes ou intelligentes (de telles villes existent déjà en Corée du Sud et à Singapour).

Afin de progresser rapidement vers ce futur numérique, les gouvernements ont commencé à adopter une réglementation propice à la protection de leurs intérêts et de ceux de leurs géants numériques nationaux. 

C’est ainsi qu’aux États-Unis, le Patriot Act impose à toutes les entreprises nationales et étrangères œuvrant dans ce pays, ainsi qu’à leurs filiales à travers le monde, de transmettre aux services de renseignement des États-Unis leurs données, et ce, sans autorisation préalable, sans l’aval d’un tribunal et sans notification à leurs clients. 

De même, en Chine, le Parti communiste chinois (PCC) est la seule autorité nationale à avoir accès à l’universalité des informations en provenance du «Big Data» concernant ses concitoyens. En conséquence, les entreprises étrangères n’ont pas le droit de recueillir des informations sur les Chinois. Par ailleurs, grâce aux BATX, la Chine ne se gêne pas pour récolter de multiples données sur les populations étrangères, notamment en Afrique, dans les anciennes Républiques socialistes soviétiques, en Amérique latine et dans plusieurs pays occidentaux où, dans ce dernier cas, elle fait parfois face à une forte opposition.

En se basant sur le comportement observé chez les dirigeants chinois au fil des dernières années, il nous apparaît évident que nous serions en très fâcheuse situation si les géants du numérique chinois parvenaient à avoir accès à l’entièreté des données canadiennes (cueillette, stockage, traitement et diffusion).

Une panne comme celle du 14 décembre n’aurait rien de tragique, comme mentionné précédemment, mais une panne intervenant dans le contexte du puzzle susmentionné aurait des conséquences beaucoup plus néfastes sur les citoyens, et ce, même si les géants américains du numérique étaient aux commandes.

Je n’ose imaginer les conséquences catastrophiques d’une telle panne dans un environnement qui serait totalement dominé par les BATX sous la tutelle du PCC! Mais ce qui serait encore plus inquiétant, c’est une situation où les géants numériques chinois décideraient délibérément de créer une telle panne et prendraient le contrôle de nos institutions. N’oublions pas qu’en matière d’intelligence artificielle, on peut presque tout contrôler grâce aux algorithmes alimentés par le Big Data et de là, les mesures protectrices prises récemment par le gouvernement américain afin de freiner l’expansion de Huawei ainsi que de plusieurs autres entreprises chinoises. À cet égard, des représentants du gouvernement américain ont récemment recommandé d’envisager l’achat de toutes les installations de Huawei, y incluant les tours de transmission.

En bref, nous n’avons pas le droit à l’erreur quant au choix des entreprises numériques autorisées à œuvrer au Canada.

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