Les séances gratuites en plein air se multiplient, au point qu’elles sont désormais rigoureusement encadrées, afin de ne pas vider les salles obscures…
Les séances de cinéma en plein air drainent de plus en plus de spectateurs, attirés par la convivialité et le caractère exceptionnel de ces projections. Cette année encore, les records précédents devraient être battus, au point que ces événements sont désormais encadrés. « On a accordé 2 000 autorisations l’an dernier, et cette année, environ 2 100 », indique Anne Cochard, directrice de la création, des territoires, et des publics, au Centre national de la cinématographie (CNC).
Depuis 2007, ce dernier a imposé des restrictions aux organisateurs de projections en plein air, la plupart du temps gratuites, devant les plaintes des exploitants de salles de cinéma, payantes et parfois désertées… Les films projetés doivent notamment être sortis en salle depuis plus d’un an et être diffusés à l’écart des cinémas.
L’an dernier, le festival Cinéma en plein air, au parc de la Villette, à Paris, a dû faire payer son entrée. « Le CNC nous y a contraints car il y avait un risque de devoir réduire le nombre de soirées. La raison était que nous avions des sources de financement publicitaires et que ça nous mettait en compétition avec les salles traditionnelles », indique Jacques Martial, président du parc. Cet été, le festival ayant abandonné ses soutiens publicitaires, l’entrée est à nouveau libre. « Le public est ravi du retour au gratuit. C’est tout de même un événement très populaire », se réjouit Jacques Martial. Ces manifestations vont en effet à la rencontre d’un public qui n’a pas souvent l’occasion de fréquenter les cinémas.
Comme le festival Cinésites, qui organise des projections dans des lieux du patrimoine. « On va parfois dans des villages de 200 habitants qui sont à plus de 70 km de la première salle de cinéma. C’est un moment festif exceptionnel pour ces petites communes », explique Marie-Agnès Bordes, de l’association Centre Jean-Vigo événements.
« Le but reste de faire vivre le quartier »
Passeur d’images a également pour objectif d’investir des lieux sans salles obscures. Chaque année, l’association Kyrnea International, qui en est à l’origine, propose 800 projections dans les quartiers, sur toute la France. « Les objectifs dépendent de chaque coordination régionale, mais le but reste de faire vivre le quartier le temps d’une soirée, de créer du lien », souligne Jean-Marie Genuite, conseiller dans l’association. « Il ne faut pas surévaluer le succès du plein air. Ce n’est que deux mois par an, après 22 heures et uniquement dans certains lieux », tempère Michel Berthod, inspecteur général de l’administration des affaires culturelles, à l’origine du rapport qui préconisait une réglementation des séances en plein air. Exploitants et organisateurs de festivals ne devraient pas se marcher sur les pieds.
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