Infection VIH de l’enfant, aspects épidémiologiques

Posted by on août 13th, 2009 and filed under Santé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can leave a response or trackback to this entry

entreeVIHL’épidémie de l’infection à est loin d’être maîtrisée et ce malgré les grands efforts déployés à l’échelle planétaire. L’Afrique subsaharienne vient en tête des régions touchées par le sida et même si la prévalence du s’y est stabilisée, le nombre réel des personnes infectées continue à augmenter en raison de la croissance démographique. En 2007, le nombre de personnes vivant avec le dans le Monde est estimé à 33 millions dont 2 millions sont des enfants de moins de 15 ans. Le nombre d’enfants nouvellement infectés par le en 2007 est estimé à 370000 avec une nette disparité entre les régions : l’Afrique subsaharienne totalise à elle seule 330000 contre 5700 dans la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord et moins de 200 en Europe occidentale et centrale. Sur les 2 millions de décès dus au sida en 2007, 270000 concernent des enfants de moins de 15 ans dont 4400 dans la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord (ONUSIDA 2008). Plus de 90% des cas de chez l’enfant sont la résultante de la transmission de la mère à l’enfant, en effet, la prévalence de l’infection à chez l’enfant est liée à la séroprévalence du chez la femme enceinte, la transmission materno-fœtale étant le principal mode de contamination des enfants depuis que le dépistage systématique sur les donneurs de sang et le traitement des fractions anti-hémophiliques répondent aux normes de sécurité. La contamination peut se faire in utéro, en per-partum ou par l’allaitement maternel.

Le risque de transmission du VIH d’une mère infectée à son enfant en l’absence d’intervention de prévention est de 30-50% alors que ce taux est de l’ordre de 2% dans les pays industrialisés où les mesures de prévention sont mises en œuvre. Au delà du risque de contamination, la vulnérabilité des enfants vivant avec le VIH les exposent désormais à l’orphelinat, la stigmatisation, la discrimination, les difficultés scolaires et les exploitations sexuelles, en effet, 12 millions d’enfants de moins de 18 ans sont orphelins à cause du sida en Afrique subsaharienne (ONUSIDA/OMS 2007), 150 millions de filles et 73 millions de garçons ont subi un rapport sexuel imposé ou d’autres formes de violence physique ou sexuelle (OMS, 2002) et 1,8 millions d’enfants se livrent à des activités sexuelles à des fins commerciales. Concernant la prise en charge de l’enfant : certes plus d’enfants ont accès aux soins et traitement pour le VIH : en 2007, près de 200000 enfants dans les pays à faible et moyen revenu versus 75000 en 2005, cependant, les enfants profitent moins des progrès que les adultes.

Au Maroc, la faible prévalence du Sida le situe en phase peu active de l’épidémie : depuis 1986 jusqu’à fin octobre 2008, 2727 cas cumulés de sida sont déclarés, 39% sont des femmes et 3% sont des enfants de moins de 15 ans. Le mode de transmission hétérosexuel est passé de 24% entre 1986 et 1990 à 80% en 2008, la transmission périnatale représente 3%. A fin 2007, le nombre d’enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH est estimé à 160 au Maroc. Ce nombre est probablement sous estimé et ne reflète pas la réalité. Si on considère les données de la séroprévalence du VIH chez les femmes enceintes qui est de 0,1% au Maroc, avec le nombre de naissances par an, 554 nouveau-nés seraient exposés au risque de transmission mère-enfant chaque année, soit une estimation de 216 nouveau-nés contaminés par an en l’absence de toute mesure de prévention (PNLS-DELM 2008 Maroc).

Le pourcentage de femmes enceintes infectées par le VIH ayant reçu des antirétroviraux au cours des 12 derniers mois pour réduire le risque de transmission mère enfant est de 7,5% seulement, le Maroc fait donc partie des 36 pays où il y a une faible couverture de moins de 25% (OMS/ ONUSIDA). Ainsi, sans une stratégie renforcée de prévention de l’infection à VIH chez la femme enceinte avec le dépistage, l’accessibilité équitable aux traitements antirétroviraux, le suivi médicalisé de la grossesse et de l’accouchement, l’appui psychosocial et toutes les mesures bien définies de prévention de la transmission mère enfant, il est difficile d’imaginer un recul de l’infection à VIH pédiatrique dans les pays en développement.

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