La Grèce a demandé dimanche l’aide de la France et de l’Italie pour lutter contre des incendies qui ravagent des zones boisées parsemées d’habitations à l’est et au nord d’Athènes sur un front de 30 km depuis samedi, menaçant les faubourgs de la capitale.
Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a annoncé dimanche après-midi l’envoi de quatre bombardiers d’eau Canadair français.
Deux avions «qui étaient prépositionnés en France dans le cadre d’un programme européen ont été, sans attendre, mis à la disposition des autorités grecques» et deux autres appareils arriveront en Grèce lundi dans la matinée, a précisé un communiqué du ministère.
La Commission européenne a précisé que, dans le cadre du mécanisme communautaire de protection civile, l’Italie avait mis à disposition deux Canadair CL-415 et Chypre un hélicoptère anti-incendie. L’Autriche a annoncé l’envoi de six bombardiers d’eau et hélicoptères.
Le feu aux portes d’Athènes
Le feu avait débuté dans la nuit de vendredi dans une zone rurale à environ 40 km au nord-est d’Athènes. Attisées par des vents violents, les flammes ont parcouru une trentaine de kilomètres vers l’est, atteignant les premières habitations du Mont Penteli, dernière barrière avant les faubourgs extérieurs de la capitale grecque. Dimanche soir, les flammes avaient atteint les zones résidentielles d’Agios Stefanos, Anthousa, Gerakas et Pallini, à moins de 30 km de la capitale et les autorités évaluaient à 12.000 le nombre d’hectares de forêt dévastés.
Les autorités ont fait évacuer deux hôpitaux pour enfants, une clinique psychiatrique, une maison de retraite et un camp de vacances dans les zones menacées par les incendies à l’est d’Athènes, où pourtant de nombreux habitants refusaient de quitter leur maison et comptaient lutter eux-mêmes contre le feu.
«Nous avons combattu le feu et sauvé nos maisons tout seuls», a expliqué à la télévision NET un habitant du secteur de Koukounari, en arrosant avec un tuyau des broussailles asséchées. «Les pompiers nous ont dit d’évacuer pour ne pas être pris au piège, puis ils sont partis», a-t-il ajouté.
Selon les pompiers, une «gigantesque mobilisation» a été mise en oeuvre contre les 85 départs de feu enregistrés à travers le pays en 24 heures.
Un désastre pour l’environnement
Ces incendies s’annoncent comme les plus graves depuis ceux d’août 2007, qui avaient fait 77 morts et détruit plus de 250.000 hectares, principalement dans le Péloponnèse et sur l’île d’Eubée. Le Premier ministre Costas Karamanlis a convoqué une réunion d’urgence du gouvernement et la fédération grecque du football a annulé tous les matches prévus ce week-end dans la capitale.
Le préfet de la région d’Athènes, Leonidas Kouris, a qualifié les incendies de «désastre pour l’environnement».
Tags: Grèce, incendies


