A quelques heures de son concert, ce soir à Rabat, dans le cadre du festival Mawazine, le musicien Carlos Santana a accepté de répondre aux questions des journalistes.Mika a fait un triomphe. BB King a envouté le public. Après des débuts appliqués, Elton John a fini par mettre le feu. Le festival Mawazine Rythme du monde qui se tient à Rabat depuis le 21 mai dernier, bat son plein.
Ce soir, vendredi, il revient au musicien Carlos Santana, le pionnier de la world music de faire le show. A quelques heures de son concert, l’homme a accepté de répondre aux questions de la presse.
- Ce n’est pas votre première visite sur le continent africain
Non, j’y suis venu à plusieurs reprises. La première fois c’était au Ghana avec Tina Turner. 95% de ma musique est d’origine africaine. Et j’adorerai que des musiciens marocains me rejoignent ce soir sur scène avec leur guembri. J’adore cet instument. Mais plus que tout, j’aime en Afrique le pouvoir de célébration des gens. Et si j’ai accepté de participer à ce festival c’est justement pour célébrer l’esprit de l’humanité. Comme BB King hier. Son concert était inoubliable.
- Que représente-t-il pour vous?
C’est notre chairman of the board. Une baleine bleue à lui tout seul. J’ai aussi une admiration sans limite pour Bob Dylan. Cet homme a changé le cours de la musique, poussé les Beatles dans leurs retranchements.
- Vous entendra-t-on chanter sur la scène de Mawazine?
Mais je chante tout le temps. Sauf que je le fais avec mes doigts. Le but, c’est de toucher le coeur des gens. De rappeller à chacun qu’il est important. Les gens se sentent trop souvent victimes de quelque chose. Il faut dépasser cela.
- Quel rapport entretenez-vous avec votre guitare?
Je considère ma guitare comme une femme. Comme elles, elle est mystérieuse et imprévisible. Je disais un jour à Paco de Lucia, mon guitariste de flamenco préféré avec Manitas de Plata « Quand tu joues, tu rends les femmes heureuses ». « C’est très important m’a-t-il répondu ».
- Vous avez récemment annulé un concert en Israël
Oui. Tout est question de timing. Je joue beaucoup dans les prisons. Mais il ne me viendrait pas à l’idée de m’y produire au lendemain d’une exécution capitale. Et bien pour Israël, c’est pareil. Lorsque les deux parties seront engagées dans quelque chose de plus constructif, j’y retournerai.
Propos recueillis par Yasmine Youssi
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